Bruxelles 

"Parc Maximilien" 

Pendant le mois de septembre 2015 des centaines de candidats, réfugiés hommes, femmes et enfants majoritairement syriens, afghans, irakiens et somaliens ont dû dormir dans un parc public à deux pas de la gare du Nord, en attendant de pouvoir être reçus par l'Office des Étrangers pour y introduire une demande d'asile.

Le parc Maximilien était le symbole visible et honteux de l'échec de la politique belge et européenne en matière d'immigration.

Réfugiés ou Migrants, le choix des mots n'est pas anodin.

Les réfugiés sont des personnes qui fuient des conflits armés ou la persécution. Un des principes les plus fondamentaux énoncés par la loi

internationale est celui exigeant que les réfugiés ne puissent être expulsés ou renvoyés face à une situation où leur vie et ou leur liberté seraient menacées.

Les migrants ne choisissent pas de quitter leur pays en raison d'une menace directe de persécution ou de mort, mais plutôt pour améliorer leur vie, pour des motifs d'éducation, de regroupement familial en espérant trouver du travail ici.

La plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés a été rendue possible grâce à la coordination opérée par une poignée de bénévoles, rejoints pas des centaines de personnes désirant venir en aide. Cette plateforme a bénéficié du soutien d'organisations telles que Médecins du Monde, le Samu social, Oxfam (qui s'est chargé de la gestion des dons de vêtements) et avec l'aide logistique de Médecins sans Frontières.

La plateforme citoyenne et ses partenaires étaient bien conscientes que le camps d'accueil ne pouvait représenter une solution durable et souhaitaient lever le camps dès qu'une solution permettant aux réfugiés de vivre dignement serait apportée par le gouvernement fédéral et son Secrétaire d'État Francken.

Pendant plus de deux semaines, ce gouvernement fédéral s'est obstiné à refuser de trouver une solution à la crise se contentant de libérer 300 places au WTC III alors que plus de 800 personnes se trouvaient dans le camp. Il démontrait ainsi clairement sa volonté de laisser pourrir la situation en n'augmentant pas le nombre d'enregistrements à l'Office des Étrangers.

D'autre part l'appel répété de certains politiques à une évacuation du camp était une provocation pure et simple et un déni de démocratie.

Aujourd'hui, le parc Maximilien a retrouvé sa vocation première. Les tentes ont été repliées. Une solution a été trouvée, du moins provisoirement. La plateforme citoyenne est toujours active.

Mais même si l'accueil pose toujours problème, notre plus grand défi est le regard que notre société porte sur les réfugiés et leurs intégrations. Nous devons surmonter nos préjugés et passer à la réflexion. Arrêtons d'ânonner des stéréotypes sur le réfugié dangereux, abuseur. Le sentiment d'insécurité provient surtout des discours démagogiques d'une droite extrême. Forgeons-nous notre propre opinion en allant à la rencontre de l'autre, cet autre qui a souvent dû laisser derrière lui femme, enfants, parents et amis pour de très longues années espérant pouvoir leur offrir un jour une vie meilleure.

Le sang qui coule dans les veines d'un Syriens, d'un Irakien, d'un Somalien ou d'un Belge à la même couleur, nous sommes tous frères d'une même terre.                                                                                                                                                                                                           Novembre 2015